Concert-lecture Montgeroult-Chénier le 17 novembre 2019

Un concert-lecture associant la musique d’Hélène de Montgeroult aux poèmes d’André Chénier a lieu le 17 novembre 2019 au château de Montgeroult.

Piano : Bénédicte Harlé.

Récitation : Thierry Vorgers.

Présentation du programme

HELENE DE MONTGEROULTANDRE CHENIER
2 mars 1764, Lyon – 20 mai 1836, Florence, Italie30 octobre 1762, Constantinople – 25 juillet 1794, Paris

Hélène de Montgeroult et André Chénier sont nés à deux ans d’intervalle. Leurs destins croisèrent la Révolution française. Elle sauva sa tête, il perdit la sienne : le Comité de Salut Public ayant eu la courtoisie, ou la curiosité, d’écouter l’une, se laissa charmer ; seul son bourreau entendit l’autre lui dire, crânement, pointant sont front : « Pourtant, j’avais quelque chose,… là ! » et, si son talent la sauva, il périt malgré le sien.

Au-delà de ces destins croisés, l’un et l’autre furent, chacun dans leur art, à la fois les héritiers éclairés de la tradition et les inspirateurs de la période romantique naissante.

En dépit de la fougue qui traverse leurs œuvres, la position sociale d’Hélène de Montgeroult l’a réduite à une excessive modestie tandis que les convictions progressistes et pacifiques d’André Chénier l’ont réduit si jeune au silence du tombeau. Cette discrétion imposée par les circonstances n’a eu d’égale que la bien timide gratitude de leurs successeurs.

Avec ce concert-lecture, nous espérons partager avec vous leur génie et leur mémoire.

« Oui, je vais vivre encore au sein de mes amis ! »  A. Chénier. 

Nous avons pris la liberté d’associer quatre compositeurs à Hélène de Montgeroult:

  • Hyacinthe Jadin, (1776-1800): Sonate n° 1 opus 4. Compositeur contemporain mais cadet de la marquise, lui aussi tôt disparu, emporté par la maladie, il nous fait entrer avec fraîcheur dans une période qui chantait « il pleut, bergère » avant que ne roulent les têtes.
  • Johann Schobert (1740? -1767): Sonate en Mib majeur. Un autre génie mort trop jeune, empoisonné, lui, par des champignons ! De la génération précédente, admiré par Mozart, qui lui fit même des emprunts, il avait entamé, par sa créativité non brimée par les académismes, la révolution pacifique de la musique pour clavier qu’Hélène de Montgeroult amplifia, avant qu’elle n’explose au cours du siècle alors naissant.
  • Jan Ladislav Dussek (1760-1812) (Tchèque). D’une famille de musiciens, on le met au piano à cinq ans ; à 13 ans, il compose déjà. Il est élève de Carl Philip Emanuel Bach. Arrivé à Paris en 1786, il a pour élève Hélène de Montgeroult. Il quitte la France pour l’Angleterre en 1789. Il vit et travaille ensuite dans diverses capitales européennes et revient finir ses jours à Saint-Germain-en-Laye.
  • Umberto Giordano (1867-1948) : version pour piano de l’air « Come Un Bel Di » tiré de son opéra « Andrea Chenier ». Bien que la musique soit plus tardive, cet hommage au compositeur qui a contribué à la renommée d’André Chénier nous a paru s’imposer.

Vous allez entendre..

SONATE N° 1 de HYACINTHE JADIN (1er mouvement)
MES CHANTS SAVENT TOUT PEINDRE; ACCOURS, VIENS LES ENTENDRE…
SONATE N° 1 de HYACINTHE JADIN (2ème mouvement)
QUAND LA FEUILLE EN FESTONS A COURONNE LES BOIS…
SONATE N° 1 de HYACINTHE JADIN (3ème mouvement)
O DELICES D’AMOUR! ET TOI, MOLLE PARESSE…
ETUDES N° 55 et 38 d’ HELENE DE MONTGEROULT
AH ! PORTONS DANS LES BOIS MA TRISTE INQUIETUDE …
PARTONS, LA VOILE EST PRETE, ET BYZANCE M’APPELLE…
ETUDE N°29 d’HELENE DE MONTGEROULT
LA JEUNE TARENTINE
ETUDE N°66 ’ HELENE DE MONTGEROULT
SONATE en Mib majeur DE JOHANN SCHOBERT (3 mouvements)
AUJOURD’HUI QU’AU TOMBEAU JE SUIS PRET A DESCENDRE…
ETUDE N°99 d’ HELENE DE MONTGEROULT
« COME UN BEL DI.. » GAETANO GIORDANO (ANDREA CHENIER)
LA JEUNE CAPTIVE
ETUDE N°50 d’ HELENE DE MONTGEROULT
ETUDE N°89 d’ HELENE DE MONTGEROULT
COMME UN DERNIER RAYON, COMME UN DERNIER ZEPHYRE…
ETUDE N°26 d’ HELENE DE MONTGEROULT

Pages sélectionnées par Bénédicte Harlé-Jobin et Thierry Vorgers.

Bénédicte Harlé

Pianiste, partage depuis 1996 la pratique du répertoire du lied, de la mélodie et de l’opéra, à travers son activité de chef de chant au CNSM de Paris. Elle se consacre avec une égale passion à la musique de chambre et se produit en France, en Suisse, en Allemagne et au Japon dans les formations instrumentales variées ainsi qu’en duo chant-piano.

Familière du monde de la musique ancienne, elle découvre avec grand intérêt la vie et l’œuvre d’Hélène de Montgeroult, grâce aux travaux du musicologue Jérome Dorival.

Thierry Vorgers

Secrétaire de l’association « Les amis d’Hélène de Montgeroult ». Amateur depuis le lycée des vers d’André Chénier, il tente de vous faire partager sans apprêts son admiration.

Concert le dimanche 13 octobre 2019 avec le Festival Baroque de Pontoise

RESERVATIONS IMPERATIVES SUR LE SITE DU FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE

https://www.festivalbaroque-pontoise.fr/fr/dimanche-13-octobre-16h30-ambroisine-bre-maude-gratton

Les Amis d’Hélène de Montgeroult se réjouissent de leur partenariat avec le prestigieux FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE, pour vous proposer : 

Dimanche 13 octobre | 16h30

Le concert 

MONTGEROULT À MONTGEROULT
Celle qui par son art sauve sa tête et révolutionne la pédagogie

Ambroisine Bré, mezzo-soprano
Maude Gratton, pianoforte

Programme : Œuvres de Hélène de Montgeroult, Clara Schumann, Fanny Hensel Mendelssohn…

Lieu : Château de Montgeroult : 9 rue du Fruchot 95650 Montgeroult

Montgeroult à Montgeroult

Jouer la musique d’Hélène de Montgeroult au château de Montgeroult et réveiller la mémoire des pierres en faisant vibrer les notes qui ont résonnées dans ce même lieu quelques siècles auparavant. Se souvenir de son destin hors du commun : elle sauve sa tête en 1793 sous la Terreur en improvisant sur La Marseillaise au pianoforte et devient deux ans plus tard la première professeure de piano du tout nouveau Conservatoire de Paris.

Ambroisine Bré, mezzo-soprano nommée dans la catégorie révélation lyrique de l’année aux victoires de la musique 2019, et Maude Gratton qui jouera pour l’occasion un pianoforte Maximilian Schott de 1835 proposeront un programme de femmes pianistes et compositrices exceptionnelles du XIXe siècle : c’est Clara Schumann et Fanny Hensel Mendelssohn qui se joindront à Hélène pour ce panorama musical féminin.

Discographie

– 1° La Marquise et la Marseillaise, CD Hortus, Bruno Robilliard, piano, 2006 (Notice de Jérôme Dorival)
– 2° À la source du piano romantique, CD Hortus, Nicolas Stavy, 2009 (Notice de Jérôme Dorival)   
– 3° Reviving song : spirited works by Fanny Hensel Mendelssohn, Hélène de Montgeroult (3ème sonate) et Ludwig Spohr, by Vivian Montgomery (piano), Pamela Dellal (soprano) et Diane Heffner (clarinette), 1 CD Centaur 2015
– 4° Hélène de Montgeroult, par Edna Stern. Orchid Classics 2017  (Notice de Jérôme Dorival)
– 5° Laurent Martin, piano Compositrices d’exception,  Hélène de Montgeroult (études n°38, 62, 101 et 110), Chaminade, Selva, Bonis etc. 1 CD Ligia 2019
– 6° Elisabeth Zapolska-Chapelle (soprano) et Bart van Oort, pianoforte, Romances à Joséphine, œuvres de Maria Szymanowska, Kazimiera Wolowska, Maria Theresia von Paradis, la reine Hortense, Sophie Gail, etc. et Hélène de Montgeroult (2 nocturnes vocaux). 1 CD Salto 2020
– 7° Ana Petrova-Forster The birth of the etude : œuvres de Berger, Boëly, Bontempo, Cramer, Steibelt, Woelfl et Montgeroult (études n°78 et 107). 1 CD Toccata classic 2021
– 8° Montgeroult (Sonate n°6), Viotti, Mendelssohn, Weber par Sophia Rose (violon) et Ian Buckle (piano) ; 1 CD Rubicon 2021
– 9° Luca Chiantore Montgeroult (études n°35, 37, 41, 45, 62, 73, 111 et 112 et Beethoven (Sonates Waldstein et Clair de lune) 2 CD Musikeon 2021
– 10° (en préparation, intégrale des sonates de Montgeroult, par X)
– 11° (en préparation 35 études de Montgeroult par Clare Hammond)
– d’autres projets en gestation

Bibliographie et filmographie

Bibliographie sur Hélène de Montgeroult (ouvrages postérieurs à 1950)

Entre crochets les ouvrages non publiés ou non disponibles en France
[- Domergue, Philippe, Une musicienne oubliée, la marquise de Montgeroult (1764-1836),tapuscrit non publié, c. 1953] * descendant de la famille de Nervo- Remo Giazotto Giovan Battista Viotti, Milano : Curci, 1956. – 390 p. : ill. ; 26 cm.
(17 pages sur Montgeroult)
– Gouberville, Michel de, Histoire de la famille Taillevis de Perrigny, brochure dactylographiée, 1985 (cote BnF 4-LM3-4316) * descendant de la famille de Nervo
[- Bogard, Theresa Lynn, An Annotated Translation with Commentary of the Cours complet pour l’enseignement du forte piano by Hélène Nervode de Montgeroult (1764-1836). D.M.A., Performance, University of Colorado, 1990]
– Place, Adélaïde de, « Les premières méthodes de pianoforte », La musique : du théorique au politique, Paris Klincksieck, 1991
– Gouberville, Michel de, « Une femme dans l’histoire : la marquise de Montgeroult (1764-1836) », Histoire et Généalogie, n°20, 1992 * descendant de la famille de Nervo
[- A.-N. Bailly-Bouton: La vie et l’œuvre d’Hélène de Montgeroult (1764–1836) (maitrise, Paris IV, Sorbonne, 1993, non publiée)]
– Johnson, Calvert, « Hélène Montgeroult [sic] : Composer and Piano Pedagogue at the Paris Conservatoire », Women of note Quaterly, 1, May 1st 1993, p. 18-30. Review in The Boston Globe (July 2, 1993). Expansion of paper given at Women in Music Conference, SUNY-Buffalo, 1989
– Bailly-Bouton Anne-Noëlle et Florence Gétreau : « Un portrait présumé d’Hélène de Montgeroult dans l’ancienne collection d’A.P. de Mirimonde », Musique – images – instruments, (1995), 68–75 [incl. portraits]
– Brigitte françois-Sappey « Le salon des refusés », in Anne Bongrain, Yves Gérard, Marie-Hélène Coudroy-Saghai, Le Conservatoire de Paris, 1795-1995 : Deux cent ans de pédagogie, Edition Buchet-Chastel, 1996, une page (page 32)
– Remo Giazotto « Hélène de Montgeroult », Cahiers Ivan Tourgueniev, Pauline Viardot, Maria Malibran N° 20, 1996, 196 p. (2 pages sur Montgeroult)
– Maria Rose Van Epenhuysen, « Helene de Montgeroult and the Art of Singing Well on the piano », Women and Music, vol. 5 (2001), 99-124.
[- Froud Nathalie Les études pour piano publiées à Paris de 1826 à 1840. Approche documentaire et analyse typologique. Thèse de musicologie de l’université de Paris IV, 2001]
– Bailly-Bouton Anne-Noëlle, « Montgeroult » in Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Paris, Arthème Fayard, 2003 (1 page)
– Dorival Jérôme, « Montgeroult (Hélène de) » pour  Musik in Geschichte und Gegenwart, encyclopédie musicale (2004)
– Dorival Jérôme, Hélène de Montgeroult, 14 dernières études pour piano, édition critique, éditions du Petit Page, 2005. Avec Préface (4 pages)
– Dorival Jérôme, Hélène de Montgeroult, la Marquise et la Marseillaise, Lyon, Symétrie, 2006, 421 pages
– Dorival Jérôme, Hélène de Montgeroult, Pièces romantiques pour piano, cahier 1, éditions Symétrie, 2006, avec préface (2 pages)
– Dorival Jérôme, « Entre Mozart et Chopin, Hélène de Nervo, marquise de Montgeroult (1764-1836) », article pour Vivre en Val d’Oise, mars 2009, pp. 34 – 41
– Dorival Jérôme, « Hélène de Montgeroult » pour France Catholique, mars 2009
– Delbos Jean-Brieux Montgeroult (1764-1836), site gottschalk.fr, janvier 2011, 14 pages
– Dorival Jérôme, « Hélène de Montgeroult » in Le Dictionnaire universel des créatrices, sous la direction de Béatrice Didier, Mireille Calle-Gruber et Antoinette Fouque ; Edition Des femmes Antoinette Fouque, 2013
– Dorival Jérôme, « A propos du cas Montgeroult : Réflexions sur la construction des « grands récits » musicologiques », Musique, Femmes et Interdits, Rencontres internationales 2008. Cahiers d’Ambronay, Ambronay éditions, 2013
– Dorival Jérôme, « Montgeroult, Hélène de Nervo, marquise de (1764-1836) » in Dictionnaire des femmes des Lumières, sous la direction d’Huguette Krief et Valérie André, éditions Honoré Champion, Paris 2015 (écrit en 2009)
– Dorival Jérôme, « Hélène de Montgeroult (1764-1836) » Bulletin de APÉMu n°229, Lyon, 2015, pages 68-71
– Dorival Jérôme, Hélène de Montgeroult, 9ème Sonate pour piano, en fa# mineur, op.5 n°3, édition de Jérôme Dorival, Lyon, Éditions Modulation, 2015, préface- Dorival Jérôme, et collectif: Images de  femmes, Editions Lugdivine, Lyon, 2016, 224 pages + 1 CD : un article sur Montgeroult
– Dorival Jérôme, « Le cercle de légitimation réciproque : Hélène de Montgeroult entre passé et futur ». Cahiers du GADGES n° 13, édité par A. Bayle, M. Bombart, F. Boissiéras, I. Garnier, Lyon, Université Jean Moulin – Lyon 3, 2016
– Alina M. Tylinski « Hélène de Montgeroult at the piano : Codifying illusion in the Cours complet » Revoice ! Magazine, 20 décembre 2017 (9768 caractères espaces compris) https://www.revoicemagazine.com/…/alina-m-tylinski-hlne-de-mon..
– Thomas Helen, Hélène de Montgeroult, 2018 www.illuminatewomensmusic.co.uk/contact.html

Filmographie

-2006 « Hélène de Montgeroult au festival Pianissimes » vidéogramme réalisé par Olivier Denoyelle, production FR3 Rhône-Alpes-Auvergne. Entretien filmé. Diffusé sur FR3.
-2007 Direct 8 (le câble TNT) émission en direct le 29 juin à 15h sur Hélène de Montgeroult.
– 2016 Hélène de Montgeroult, pianiste, compositrice et pédagogue, documentaire de Florence Badol-Bertrand, Cité de la musique, 2016
– 2019 Interview sur Hélène de Montgeroult (20 mn) par Dominique Guerrero https://www.nakawedoc.com/fr/portraits-de-femmes/musique/helene-de-montgeroult 

Rapport moral 2018

Assemblée Générale du 19 Mai 2019

La première année d’existence de notre association s’est achevée le 31 décembre 2018 et nous sommes heureux de partager avec vous le résumé de nos activités, sans oublier de parler de nos projets.

Tout d’abord, je veux évoquer rapidement l’histoire de la fondation notre association  qui est émaillée de rencontres magnifiques :

Découverte d’Hélène par Jérôme, échanges à Périgueux, en 2013 Bénédicte rencontre Mme et Mr Des Courtils et fait part de son envie d’organiser des concerts dans le salon du château. Bénédicte et Jérôme organisent des concerts à partir de 2014. Devant le succès rencontré nous décidons de créer cette association.

Elle repose sur la générosité et les énergies de la famille Des Courtils, de Jérôme Dorival mais aussi du bureau de l’association, et particulièrement Thierry Vorgers, secrétaire et Jacques Sallès, trésorier, autant pour leur action stratégique dans l’administration que par leur implication directe et leur talent  (Thierry =lectures Chénier, Jacques =captations très utiles pour la mémoire, les archives).

Nous avons aussi bénéficié des bons conseils de Géraud Chirol qui est président du fond de dotation de l’orgue espagnol de Fresnes, par ailleurs directeur du conservatoire= efficacité dans la gestion des problèmes.

Nous pouvons dès maintenant considérer que l’association va trouver son régime de croisière car après les diverses démarches, nous avons aussi adhéré à un organisme qui permet de rétribuer les artistes dans les règles, le Guso et nous avons contracté une assurance responsabilité civile qui nous met à l’abri de déconvenues particulièrement fâcheuses.

Au chapitre des réalisations 2018 :

  • Tout d’abord une première campagne d’adhésion qui s’est traduite par l’arrivée au sein de l’association de 35 membres ;
  • Ensuite, l’organisation de deux concerts :
    • Le 23 septembre, le Concert-Lecture « Hélène de Montgeroult – André Chénier » ;
    • Le 7 octobre, le Concert «Hélène de Montgeroult-Mozart » ;

qui ont drainé une centaine de personnes.

Grâce à la générosité des artistes, ces concerts ont permis d’arrondir quelque peu la trésorerie balbutiante de l’association.

Au chapitre des relations publiques, nous nous sommes fait connaître du Parc Naturel Régional dont nous espérons le soutien prochain et du Festival Baroque de Pontoise, avec lequel nous allons collaborer dès cet automne.

Donc :

Dimanche prochain, le 26 mai, à 16h30, concert au château de Montgeroult: concert sur double clavicorde avec pédale, un instrument rarement entendu, par Jean-Luc Ho : Récital Johann Sebastian Bach (1685-1750), Vater unser im Himmelreich BWV 636, Fantaisie chromatique & Fugue BWV 903, Suite Française en Sol majeur BWV 816, Ciaconna (extraite de la Partita pour violon BWV 1004, adaptation Yves Rechsteiner),Toccata & Fugue « dorienne » en ré BWV 538.

A noter, tout particulièrement, le dimanche 13 octobre à 16h30, concert au chateau de Montgeroult, EN ASSOCIATION AVEC LE FESTIVAL BAROQUE DE PONTOISE, un programme  autour de femmes compositrices (dont Hélène de Montgeroult, bien évidemment), Nocturnes d’hélène de Montgeroult, Lieder de Clara Schumann., programme en cours d’élaboration) accompagné de lectures  de critiques de l’époque par Thierry Vorgers.

Nous évoquons en ce moment la possibilité de faire un événement musical le 20 octobre, plusieurs pistes sont à étudier. A ce propos, la mairie de Boissy L’Aillerie nous octroie une enveloppe de 400€, qu’elle en soit vivement remerciée, la mairie de Montgeroult semble disposée à subventionner notre association sans compter le PNR pour lequel un dossier a été déposé.

D’autres propositions émanent de la part de Jérôme auxquelles nous saurons donner suite. Les demandes pour venir jouer au château commencent à affluer nous essayerons de faire les programmations les plus intéressantes, une offre généreuse permet de faire des choix.

Projet de plus longue haleine, nous envisageons, avec le concours de diverses personnes, dont les propriétaires du château de Montgeroult, de déposer un piano-forte, pour faciliter l’organisation des futures manifestations, sur un instrument historique de qualité.  Cette restauration est assez complexe.

Dans les projets également, nous sommes en train de réaliser un site HdM pour faire connaître notre action grâce à Sébastien Fleury qui travaille bénévolement pour nous.

En résumé, trois perspectives :

  • la pédagogie dans les écoles par des interventions ponctuelles (favoriser la fréquentation d’un jeune public dans les concerts)
  • l’émergence de jeunes musiciens (qui ont souvent une visibilité réduite malgré leur talent)
  • trouver des partenariats avec d’autres associations pour être plus efficaces et mieux diffuser notre action.
  • Par là même nous pourrons investir d’autres lieux pour décharger nos amis Des Courtils et proposer ainsi une saison plus fournie.

La musique est notre fond commun, notre mémoire, à nous de l’exploiter  de la faire connaître, de favoriser des réveils pour notre plus grand plaisir à tous et plus d’humanité partagée.

Emile Jobin

Président

Deux concerts exceptionnels au château de Montgeroult les 19 et 26 mai 2019

Venez découvrir, par des interprètes de renom, le raffinement de la musique du Grand Siècle et des Lumières.

Vous avez manqué le concert ? Lisez les chroniques de Jérôme Dorival, musicologue :

Airs de cour au château de Montgeroult

Concert du 19 mai

Monique Zanetti, chanteuse, et Claire Antonini, au luth et au théorbe, ont fait découvrir au public du château de Montgeroult, ce dimanche 19 mai 2019, quelques perles tirées de l’air de cour. Ce genre, né à la fin du XVIème siècle, s’est parfaitement épanoui au cours du XVIIème, depuis Henri IV jusqu’à la jeunesse du roi Louis XIV, en passant bien sûr par Louis XIII. Ces œuvres étaient donc particulièrement à leur place dans le grand salon du château, leur décor naturel (si on peut dire), qui leur permettait de se déployer superbement dans ce lieu si favorable acoustiquement.
Beaucoup d’émotion dans ces chants destinés plus à l’intimité qu’à la scène, dans lesquels l’alliance de la musique et de la poésie se révèle subtile et prenante. L’imaginaire est simple et l’amoureux décline sous toutes les formes possibles les tourments d’amour que lui cause sa belle. Mais il le fait avec un art du « bien dire » que souligne la finesse des accents et des rimes, que les compositeurs en ont été inspirés et ont su si bien su traduire en rythmes et en chants.
Les meilleurs compositeurs d’airs de cour étaient convoqués au château, avec Antoine Boësset, dont les œuvres étaient toujours chantées et éditées cinquante ans après sa mort, avec Gabriel Bataille, Sébastien Le Camus et Michel Lambert, dernier et magnifique représentant du genre.
Les interludes de luth et de théorbe (diverses pièces de Robert Ballard, Dufault, Gaultier, Gallot) nous ont plongé, grâce à Claire Antonini, dans des rêveries délicieuses telles qu’elles sont décrites avec tant d’esprit dans ce vieux texte d’époque :

« Quand un brave joueur en prend un [luth], et pour taster les chordes et les accords, se met sur un bout de table à rechercher une fantaisie, il n’a si tost donné trois pinçades et entamé l’air d’un fredon, qu’il attire les yeux et les aureilles de tout le monde ; s’il veut faire mourir les chordes sous ses doigts, il transporte tous les gens et les charme d’une gaye mélancholie, si que l’un laissant tomber son menton sur sa poitrine, l’autre sur sa main ; qui laschement s’étand tout de son long comme tiré par l’aureille ; l’autre a les yeux tout ouverts ou la bouche entrouverte, comme s’il avait cloué son esprit sur les chordes, vous diriez que tous sont privés de sentiment, hormis l’oüye, comme si l’âme ayant abandonné tous les sens, se fut retirée au bord des aureilles pour jouir plus à son aise de si puissante harmonie, mais si changeant son jeu, il ressuscite ses chordes, aussi tost il remet en vie tous les assistants et leur remettant le cœur au ventre et l’âme es sentiment, ramène tout le monde avec estonnement et fait ce qu’il veut des hommes. » (François René, Essai des merveilles de nature, 1629).

Le plaisir d’apercevoir les prairies par les fenêtres du salon semblait comme un signe envoyé par ces poèmes, où il n’est question que des charmes de la campagne, lieu destiné par essence au plaisir de l’amour : du moins nos poètes (Claude de l’Étoile, François de Malherbe et quelques anonymes) faisaient-ils mine de le croire, et le public, ravi, semblait tout disposé à les suivre.

Jérôme Dorival, Juin 2019


Bach, Zwei Clavier nebst Pedal

Concert du 26 mai

Le 26 mai à 16h, dans le salon du château de Montgeroult Jean-Luc Hô jouait un grand clavicorde de pédale ( 2X8’+ 1X16’ , jeux dissociables) surmonté de deux claviers (liés) dont la morphologie acoustique suggère  Hauptweck et  Brustwerck des orgues saxonnes. 

On sait que le clavicorde avait une place singulière chez les Bach, clavier à usage pédagogique il était célébré pour son cantabile mais aussi considéré comme un censeur rigoureux pour la technique de clavier. Carl Philippe Emmanuel disait en substance : « celui qui sait toucher le clavicorde saura jouer tous les autres claviers, le contraire n’est pas vrai ». L’inventaire de Jean Sébastien comporte la mention zwei clavier nebst pedal, précisément le genre d’instrument dont Jean-Luc s’est emparé. Sur cet instrument on travaillait la musique d’orgue à la maison bien au chaud, on improvisait, on éprouvait les nouvelles pistes : les sonates en trios et la grande passacaille, par exemple. 

Le concert a débuté par le choral Vater unser im Himmelreich ( BWV 636) qui d’entrée nous fait gravir les marches de l’introspection spirituelle et permet d’entrer dans le son du clavicorde.

La Fantaisie Chromatique et fugue qui suivent, d’un genre bien différent, nous projettent dans un flamboiement acoustique moiré, ponctué d’accents orageux (pédale), des cascades de glissandi colorés dans un jet qui semble improvisé. Ce genre foisonnant correspond parfaitement au style phantasticus. Jean-Luc s’est ensuite engagé avec conviction dans le contrepoint de la fugue nous laissant nous ébrouer les oreilles au sortir de ce feu d’artifice.

La suite Française en sol majeur, révèle d’autres qualités du jeu de Jean-Luc au clavicorde, entre poésie et danse, vigueur rythmique nonchalance rappelant parfois le clavecin et souvent le luth dans un discours maîtrisé mais libre.

La fameuse Chaconne de Bach pour violon transcrite pour le clavier nous laisse pantois, comme emportés dans un mouvement de tourbillon, mélange d’arabesques, de volutes sur un thème  obsédant, le clavicorde n’était alors plus un instrument de musique mais un vecteur acoustique qui transfigure le discours. Pour la fin du concert, Jean-Luc a joué la Dorienne (Toccata et Fugue en ré). C’est à ce moment que nos oreilles ayant pris la véritable dimension de l’instrument sont prêtes à entendre sonner les grandes orgues, on s’y croit tant la densité du jeu et l’immersion au cœur du discours musical du grand maitre est intense. Tourbillons et mouvements de vis ascendants, descendants sont si intense dans la toccata que nous sommes tout ébouriffés, néanmoins prêts à affronter les grandes architectures de la fugue. Les contrepoints sévères nous révèlent alors une dimension spatiale, des perspectives étonnantes auxquelles nous avons été préparés.

Ces concerts dans le salon du château sont de véritables moments de bonheur, la fenêtre sur le parc nous permet de reprendre pieds dans un univers plus pastoral après ces instants de lévitation :que du bonheur !

2 concerts les 23 septembre et 7 octobre 2018

Dimanche 23 septembre

H. de Montgeroult – A. Chénier

Concert-lecture : Œuvres d’Hélène de Montgeroult,
Johann Schobert,
Hyacinthe Jadin,

Umberto Giordano, poèmes d’André Chénier.

Bénédicte Harlé, piano carré Clementi

Thierry Vorgers, récitant

Dimanche 7 octobre

H. de Montgeroult – W. A. Mozart

Mozart : Kegelstatt trio KV 498 pour piano, clarinette et alto, sonate K.439b1 pour clarinette et piano ; Hélène de Montgeroult : Sonate en lam pour piano et violon obligé…

Jérôme Dorival, clarinette ancienne Bénédicte Harlé, piano carré Clementi Paul Monteiro, alto et violon ancien

AVANT-PROGRAMME: Les portes ouvrent à 15h00. Projection du documentaire « Hélène de Montgeroult, pianiste, compositrice et pédagogue » de Florence Badol- Bertrand, réalisé par Agnès Demaret.

Concert le 1er octobre 2017

Le dimanche 1er octobre 2017

Bénédicte Harlé-Jobin (pianoforte Clementi-Broadmann) – œuvres d’Hélène de Montgeroult

Jérôme Dorival et le Jeune quatuor lyonnais (sur instruments anciens) : quintette pour clarinette et cordes de Mozart