E. SATIE – A. ALLAIS MILLE BAISERS DE HONFLEUR ! VOYAGE MUSICAL À 4 MAINS ET 4 VOIX MUSIQUE D’ERIK SATIE TEXTES D’ALPHONSE ALLAIS BENEDICTE HARLE & PHILIPPA NEUTEBOOM PIANO À QUATRE MAINS CLARINETTE : JACQUES SALLES ALPHONSE, LE VOYAGEUR : THIERRY VORGERS, LE CHEF DE TRAIN, L’ACTIONNAIRE, LA GROSSE LEGUME : FABRICE BERJOT
Ce spectacle, déjà représenté en juin 2024, et de nouveau programmé le 31 mai 2026, au Château de Montgeroult, (Val d’Oise) emmène les spectateurs, aux rythmes variés des musiques de Satie et des articles désopilants (et « ferroviaires ») d’Allais, pour un voyage en train, de la Gare Saint-Lazare à Honfleur en passant par les gares du trajet d’époque, que les auteurs ont sans doute emprunté car Satie et Allais sont tous deux natifs d’Honfleur à quelques années d’intervalles. Ils se connaissaient d’ailleurs, et s’appréciaient.
Allais, qui a fait entrer Satie au Chat Noir, le surnommait Esoterik Satie. On a dit de Satie qu’il était l’Alphonse Allais de la musique : ● Erik Satie, (1866, 1925) musicien inclassable, maître de l’humour musical, « venu au monde très jeune dans un temps très vieux », est avant tout bien de son époque, troisième république naissante faisant souffler un vent de liberté, dans le fracas de la révolution industrielle. ● Alphonse Allais, (1854, 1905) lui aussi résolument moderniste, est ce chroniqueur et journaliste de la Belle Époque, célèbre pour sa langue virevoltante, son maniement de l’absurde, sa causticité, ses calembours.
Les rapprocher dans un spectacle nous a paru aller de soi. Dans les musiques de Satie, on croit entendre les grognements chaloupés des bogies, la rêverie du voyageur qui regarde défiler la campagne le nez collé à la vitre, le vacarme des gares parisiennes, les échos plus rustiques et joviaux des buffets de gare de campagne, au point qu’elle accompagne naturellement ce voyage de retour au pays natal.
Alphonse Allais a vécu le développement à marche forcée du chemin de fer à vapeur, les wagons surchauffés l’été et glaciaux l’hiver, la rapacité des actionnaires, … De tout cela, il a fait son beurre dans des chroniques hilarantes et déjantées, peuplées de personnages hauts en couleur et de dialogues propres à l’interprétation scénique. Ce sont certains de ces textes 1qui forment l’armature de la partie parlée du spectacle, en contrepoint avec la musique de son concitoyen et alter ego en espièglerie. Les versions à 4 mains de la musique d’Erik Satie permettent d’explorer toute sa dynamique et richesse harmonique et rythmique. La présence des deux pianistes, et leurs interventions inopinées dans le texte ajoute à la vivacité, et à l’humour de la représentation.
Philippa Neuteboom, pianiste anglo-néerlandaise, s’est formée au Conservatoire Royal de La Haye puis à l’Ecole Normale de Musique de Paris, auprès de l’assistante d’Alfred Cortot, Jeannine Bonjean. Investie dans la musique d’aujourd’hui, elle a participé à de nombreuses créations françaises et mondiales. A la demande de compositeurs comme Noël Lee, Michel Merlet, Jacques Boisgallais, elle est régulièrement invitée dans les programmations de musique d’aujourd’hui.
Attirée par le monde du chant lyrique, elle s’oriente tout particulièrement vers la mélodie française qu’elle pratique depuis 2007 auprès de grands spécialistes telles, François Le Roux, Jeff Cohen et Christian Ivaldi à l’Académie Francis Poulenc, qui se déroule chaque été à Tours.
Philippa est pianiste accompagnatrice à l’Ecole Normale de Paris, des classes lyriques de François Le Roux (depuis 2018), et du pédagogue pianiste Guigla Katsarava, également professeure de déchiffrage depuis 2024 et professeure au CRD de Taverny. Parmi ses enregistrements figure l’intégrale de l’œuvre pour violon et piano de César Cui avec la violoniste Sophie Lemonnier-Wallez (CD Le Chant de Linos 2015)
Bénédicte Harlé, pianiste, se consacre en particulier, depuis 1996, à la pratique du répertoire du lied, de la mélodie et de l’opéra, à travers son activité de chef de chant au CNSM de Paris. Elle se consacre avec une égale passion à la musique de chambre et se produit en France, en Suisse, en Allemagne et au Japon dans des formations instrumentales variées ainsi qu’en duo chant-piano. Également familière du monde de la musique ancienne, elle découvre avec grand intérêt la vie et l’œuvre d’Hélène de Montgeroult, grâce aux travaux du musicologue Jérôme Dorival et propose également régulièrement des concerts et récitals consacrés à l’œuvre de cette compositrice, à laquelle elle a consacré un enregistrement paru aux éditions Modulation.
Fabrice Berjot, danseur de la Compagnie du Dernier Instant de Cergy-Pontoise (Chorégraphe: Nicolas Vogel) dans le cadre des spectacles « Des affamés du cabaret » est également comédien et danseur pour le spectacle du centre chorégraphique Ann Lewis de Pontoise .
Thierry Vorgers, également gourmand de théâtre et de la prose allaisienne, a déjà collaboré avec Bénédicte Harlé à l’occasion d’un spectacle concert & poésie consacré à Hélène de Montgeroult et André Chénier, présenté à plusieurs reprises en 2018 et 2019, à Montgeroult, Fresnes, l’abbaye de Royaumont.
Jacques Sallès, à la fois clarinettiste et fondu de technologie tient les commandes de la sonorisation du spectacle et sort de sa cachette pour une évocation poétique …
Ce qu’elles ou ils en on dit
ERIC WALLON Pianiste / professeur de piano / directeur de conservatoire Quelle bonne idée d’associer ces deux honfleurais à l’humour si pince-sans-rire (certains les ont appelés « princes sans rire » !)
Tous deux adeptes de l’absurde et de l’à-peu-près, ils sont admirablement servis par un spectacle frais et acidulé mêlant le texte habilement tressé à partir des écrits d’Alphonse Allais avec la musique tonique mais aussi parfois mélancolique d’Erik Satie. Un voyage vivifiant (l’air du large… !) rythmé entre autres par la célèbre « Ritournelle » extraite de « La Belle Excentrique ».
Le jeu raffiné des deux formidables pianistes forme un délicat contrepoint à la drôlerie d’excellents comédiens au service d’un texte qui retrouve une belle jeunesse à être ainsi mis en scène (mise en scène très efficace et cependant facile à « mettre en œuvre »). Il faisait beau lorsque j’ai vu-entendu ce concert-spectacle mais nul doute qu’il est de nature à ensoleiller un jour de grisaille ! Merci à toute l’équipe de cette ligne Paris-Honfleur et j’espère à bientôt…
ENZO CORO Membre du chœur de de l’Opéra de Paris « Chronique d’un concert pour rien comme les autres » … le conducteur du train (Fabrice Barjot) nous invite, non sans fermeté, à monter dans le wagon. Dans ce wagon, un gentilhomme distingué (Thierry Vorgers) partage avec les voyageurs la lecture de son journal : des articles extravagants et caustiques d’Alphonse Allais, deux dames de grande classe (Bénédicte Harlé et Philippe Neuteboom) prennent place devant un piano et le voyage commence. Je dois dire que pour la première fois j’écoute une interprétation de Satie pour piano à quatre mains. Mais « quel bonheur ! », tous les aspects rythmiques, mélodiques, harmoniques de la poésie de Satie sont rehaussés par la parfaite complicité des deux interprètes-voyageurs.
À chaque arrêt, M. Thierry nous lit le journal d’une voix persuasive et d’une diction parfaite, quelques altercations avec le conducteur du train, fier et hautain avec casquette, sifflet et voix aiguë, fait rire même les plus jeunes spectateurs bien présents et attentifs dans le wagon. Chaque étape du voyage est accompagnée par les quatre mains des deux dames qui, avec leur maîtrise, ont réussi à rendre le voyage trop court, malheureusement. Jacques Salles nous donne une interprétation à la clarinette de la première Gymnopédie pleine de fragilité et d’émotion et nous voilà à Honfleur, la ville natale d’Erik Satie, nous nous préparons à descendre mais nous sommes encore retenus par un « Allons-y Chochotte » drôle à pleurer qui arrache un vif tonnerre d’applaudissements aux voyageurs.
Bref, allez donc savoir où le voyage se termine et où commence le concert, mais après tout, la question n’a pas besoin de réponse et j’invite tout le monde à monter dans ce train magique… s’il passe par votre région.
Marie-Félice des COURTILS Propriétaire du Château de MONTGEROULT Je tenais à vous remercier encore, ainsi que l’Association les Amis d’Hélène de Montgeroult, pour le merveilleux concert donné dans le grand salon du château de Montgeroult le dimanche 16 juin 2024.
Nous avons passé un moment inoubliable en voyageant dans un train avec des musiciens et une mise en scène qui nous faisait redécouvrir la musique d’Eric SATIE. La vivacité et la grande maîtrise du lecteur ainsi que la musicalité des artistes nous ont transportés mon mari et moi-même. Ce concert était plein de joie et d’humour. Si bien que mon beau-frère qui n’est pas vraiment mélomane a lui aussi été ravi et ne s’est pas ennuyé une seule minute comme les enfants qui étaient présents.
Benjamin Alard, VARIATIONS ET FUGUES, Récital de Clavicorde. Dimanche 28 septembre à 16h30, Chateau de Montgeroult.
Benjamin Alard, claveciniste, organiste et clavicordiste de renommée mondiale, vous invite à un récital exceptionnel consacré à Jean-Sébastien Bach et Hélène de Montgeroult. Passionnée par l’œuvre du Kantor de Leipzig, Hélène de Montgeroult s’est parfois inspirée de l’esprit et la profondeur expressive de Bach dans ses propres compositions. Ce programme mettra en lumière le dialogue subtil entre ces deux univers, unis par un même idéal d’émotion et de rigueur. À travers la sonorité intime du clavicorde, Benjamin Alard révélera toute la délicatesse et la force intérieure de leurs œuvres. Une après-midi unique pour redécouvrir la filiation secrète qui unit Bach à Montgeroult.