Helene de Montgeroult

Hélène de Nervo, marquise de Montgeroult : Reconnue en France comme la meilleure pianiste de son temps, Hélène de Montgeroult (1764-1836) fut nommée professeur de piano au Conservatoire en 1795, bien qu’elle n’ait jamais donné de concert public. « Femme libre », elle adopta des valeurs d’une réelle modernité, refusant de se réfugier dans le statut de victime malgré des aventures aussi incroyables que malheureuses. Sa vie l’entraîna à composer une musique d’intériorité refusant le « commerce de la virtuosité » alors en pleine expansion. Par ses valeurs alternatives et cette distance avec son temps, sans concessions ni compromissions artistiques, Hélène de Montgeroult appartient désormais au nôtre. Qualifiée de « savante musicienne » et donc peu comprise alors en France, elle n’en composa pas moins une musique où l’émotion se mêle profondément à la science.

Hélène de Nervo, marquise de Montgeroult :

Elle aimait entendre l’opéra italien autant que jouer ses contemporains Mozart et Haydn et fut la première à faire connaître aux pianistes le style de Johann Sebastian Bach. Elle compose entre 1785 et 1812 une œuvre entièrement dévolue au piano : 9 sonates publiées entre 1795 et 1807, une Pièce pour piano, six nocturnes pour chant et piano et son monumental Cours Complet pour l’Enseignement du Fortepiano (700 pages), composé entre 1788 et 1812, paraît en 1816.C’est un énorme recueil en 3 volumes, comportant 114 études progressives, des thèmes variés, une fantaisie et 3 fugues. On y entend à la fois la musique d’une artiste baignée aux sources du classicisme et une inspiration romantique résolument tournée vers les générations à venir (Schubert, Chopin, Schumann, Mendelssohn). Son œuvre qui se situe, par les dates, entre Mozart et Beethoven, semble, aux yeux des critiques actuels, plus proche des Romantiques : « Les Etudes sont romantiques avant la lettre. Elles évoquent Schubert, Mendelssohn et leurs contemporains, et la postérité leur aurait sans doute accordé plus d’attention si Hélène de Montgeroult les avait appelées Impromptus, Romances sans paroles ou Nocturnes. » Marc Vignal (Le Monde de la Musique, décembre 2006).